Portrait d'une option ÉPS
(suite 1)


Création de l'option ÉPS

Contexte particulier

Depuis plusieurs années, une option "anglais langue seconde" était offerte aux élèves de 6e année de notre école. Comme nous comptions à l'époque quatre groupes de 6e année, un seul de ceux-ci avait droit à ce privilège.

À la fin de leur 5e année du primaire, les élèves intéressés devaient donc s'inscrire en prévision de l'année suivante et ce, en sachant qu'ils allaient être sélectionnés à partir de leur dossier académique. En d'autres mots, un élève dont les résultats scolaires s'avéraient insuffisants ne pouvait pas faire partie de ce groupe l'année suivante.

Nous nous retrouvions donc, immanquablement, avec un groupe d'élèves "performants" en classe, autonomes, et trois autres où l'on retrouvait tous les élèves éprouvant des difficultés (académiques et de comportement), ce qui pouvait créer un certain mécontentement parmi le personnel enseignant. À noter que des élèves fonctionnant tout à fait bien en classe figuraient évidemment dans ces groupes, mais on pouvait sentir chez certains d'entre eux une frustration palpable, un sentiment non fondé d'avoir été laissés de côté.

Des parents d'élèves non sélectionnés pouvaient également avoir l'impression que leur enfant n'avait pas droit au même enseignement que ceux du groupe sélectionné, ce qui n'était pourtant pas le cas si l'on fait abstraction de la voie optionnelle en enseignement de l'anglais langue seconde. Bref, le statu quo ne semblait plus être une voix à adopter afin de répondre aux aspirations de nos parents et élèves.

La direction s'interrogeant à haute voix sur une façon de satisfaire notre clientèle scolaire, nous lui avions tout bonnement lancé cette réponse qui devait, rapidement, devenir la petite étincelle à la base d'un projet-école d'envergure:

— Les parents de nos élèves qui ne forment pas le groupe inscrit en anglais ont raison d'être mécontents; nous ne leur offrons rien d'autre!
— Qu'entends-tu au juste par là?
— Que c'est à nous de leur proposer quelque chose de particulier et d'unique dans chacun de nos groupes de 6e année...


En quelques minutes, notre groupe d'option ÉPS était né! Nous allions conserver nos quatre groupes l'année suivante: un groupe d'anglais, comme par les années passées, un nouveau groupe d'ÉPS, et deux groupes de science et technologie, conformément aux intérêts et compétences des deux enseignantes titulaires concernées. Le principe à la base de ce projet: garantir à chaque élève une formation spécifique à son option correspondant à environ 20% de son temps de classe.

L'idée avait fait son chemin, il ne restait plus qu'à préparer les contenus... De la grosse besogne en perspective!


Financement de l'option

Le principe à la base de ce projet de différentes options était fort simple, cela ne devait en aucun cas engendrer de coûts supplémentaires à l'école et à la commission scolaire. En d'autres mots, nous devions nous assurer qu'aucun enseignant supplémentaire n'ait à être engagé pour prendre en charge la formation de base ou les contenus des options proprement dites.

Depuis plusieurs années, l'option anglais langue seconde avait toujours été prise en charge par un enseignant titulaire à temps partiel, pour la formation de base, et par un enseignant spécialiste pour la "portion anglais". La formation de base était donc légèrement condensée afin de permettre l'ajout d'heures supplémentaires en anglais. Nous allions donc continuer de procéder ainsi.

Les deux groupes de science et technologie ont été les plus faciles à mettre sur pied. Les enseignantes titulaires de ces groupes ayant déjà un intérêt marqué vers les sciences, elles allaient assumer à la fois la formation de base de leurs élèves et l'option dans une proportion approximative de 20% du temps de classe. Elle bénéficiaient également de toute la latitude voulue pour modifier leur grille horaire en fonction de leurs besoins spécifiques.

En éducation physique et à la santé, le hasard a voulu qu'une enseignante à temps plein prenne sa retraite tout juste avant l'entrée en vigueur de nos options. Il a donc été convenu que cette personne allait être remplacée par une autre à temps partiel (80% de tâche) et que la portion restante serait assumée par le spécialiste en éducation physique. C'est ainsi que les élèves inscrits dans ce groupe ont eu droit à 13 heures d'ÉPS par cycle de dix jours. Il est important de noter que ces nombreuses heures de cours ne signifiaient pas nécessairement "13 heures passées à l'intérieur d'un gymnase"...

Comme nous le verrons plus loin, nous avions convenu d'offrir un certain nombre de sorties éducatives spécifiques à chacune des options offertes. Pour y arriver, lors de notre première année d'expérimentation, et puisque aucun budget particulier ne nous avait été alloué, les parents ont accepté de défrayer la somme de 100.00$, payable avant la première sortie, pour chaque élève de 6e année.

Cependant, dès l'année suivante, nous avons dû revoir la contribution des parents à la hausse — à 150.00$ par élève — compte tenu des frais exorbitants encourus pour le transport des élèves en autobus. Les enseignants concernés ont ainsi pu disposer d'un budget total suffisamment important pour "magasiner" quelques sorties riches en expériences et contenus significatifs.


Choix des élèves

Notre décision d'aller de l'avant dans notre projet d'offrir une option à chacun de nos groupes de 6e année était fort simple. Nous tenions en effet à ce que chaque élève puisse avoir son mot à dire lors de la formation de nos groupes. Il était donc clair à notre esprit qu'il devait pouvoir se retrouver dans une groupe dont le contenu du programme l'intéresserait, et qu'il devait pouvoir faire lui-même son choix en fonction de son intérêt. La formation de base étant la même pour tout le monde, il était vital à nos yeux que ce choix ne puisse être modifié par une quelconque volonté divergente des parents de nos élèves.

Syllabus de cours à conserver Le contenu de chaque option, rédigé dans un syllabus, a donc d'abord été présenté aux élèves, en fin de 5e année (1ère année du 3e cycle du primaire). Il s'agissait ensuite pour eux d'inscrire sur une fiche prévue à cet effet leurs deux premiers choix, le premier étant l'option la plus désirée. Une fois les inscriptions complétées, l'école s'engageait à offrir à chaque élève l'un de ses deux premiers choix, en tentant de privilégier le plus possible le premier.

Dans un tel processus, même s'il s'agissait uniquement d'un choix de l'élève, on peut néanmoins supposer que certains parents aient pu exercer une certaine pression, voire imposer un choix, auprès de leur enfant pour qu'il fasse "le bon choix" d'option. Au fil des années, quelques jeunes nous l'ont avoué. C'était dommage, mais aussi prévisible! Il existe en effet des adultes qui entretiennent de bien grands projets de carrière pour leur fils, pour leur fille, de 11-12 ans...

Presque miraculeusement dirions-nous, nous sommes ainsi parvenus à former des groupes de 6e année homogènes!


Soirée d'information destinée aux parents

En fin d'année scolaire, alors que nos élèves de 5e année devaient déterminer leurs deux premiers choix d'options pour la rentrée suivante, les parents étaient conviés à une rencontre d'information visant à leur présenter les grandes lignes de chacune des trois options offertes. La direction et le personnel enseignant étaient alors disponibles pour répondre aux interrogations soulevées par notre façon de "sélectionner" les élèves et les contenus et sorties éducatives spécifiques.

Pour l'option ÉPS, en plus du syllabus de cours déjà remis aux élèves, les parents ont également reçu par écrit une courte description des trois grands chantiers à la base des différentes productions des élèves en cours d'année. Deux affiches furent également projetées sur un écran afin d'expliquer graphiquement les principaux champs de développement visés ainsi que le contenu du programme spécifique à cette option.

Feuillet: Trois grands chantiers Affiche: Les champs d'intervention Affiche: Cinq domaines dans la formation

Introduction Sorties éducatives