Les méthodes et instruments
d'évaluation

L'évaluation du programme proprement dit ne peut se faire que de manière globale, c'est-à-dire en vérifiant la taux de participation des élèves au projet à la fin de chacune des étapes. Bien que pédagogique, l'objectif terminal n'est pas quantifiable puisqu'il représente un prolongement des notions et valeurs abordées dans le cadre des cours d'éducation physique. Il n'est donc pas matière à évaluation mais son importance est capitale pour rendre signifiantes les interventions faites par l'éducateur physique à l'école.

On doit ainsi s'en tenir à des données purement statistiques. Par exemple, quel est le pourcentage des élèves de 4e année ayant atteint l'objectif de 13 activités physiques pratiquées en octobre? de deux mois complets durant la première étape? ayant participé aux activités suggérées tout en faisant preuve de respect d'autrui durant les récréations, pour une étape donnée, etc.

Cette évaluation statistique permet tout de même de faire ressortir certaines grandes lignes que l'enseignant pourra par la suite exploiter à sa guise dans ses interventions, en éducation physique.

Par exemple, l'expérience a démontré, chiffres à l'appui, que la deuxième étape du programme est la plus ardue à compléter pour les jeunes. "Il n'y a pas assez de sports à pratiquer en hiver", disent-ils régulièrement. Après un retour avec les élèves sur la progression du groupe vers l'objectif fixé, au début d'une période quelconque d'éducation physique, on finit en effet par constater qu'il existe pourtant des activités toutes simples que l'on n'avait nullement envisagées.

Il y a bien sûr le patin, le ski de fond ou le hockey sur glace qui peuvent être pratiqués par un certain nombre d'élèves, mais d'autres jeunes, moins portés vers les sports traditionnels, sont alors fiers de dire qu'ils marchent, simplement pour le plaisir, ou qu'ils pelletent l'aire de stationnement devant leur maison, après les chutes de neige! Ces retours, sous forme d'échanges, peuvent donc avoir lieu systématiquement au début de chaque rencontre avec les élèves et s'avèrent fort profitables à tous pour rehausser l'intérêt et la motivation au besoin.

Sur le plan personnel, il est quand même possible d'utiliser les informations inscrites dans le passeport d'un élève pour mesurer sa fidélité envers l'activité physique. Par exemple, un élève ayant complété les deux premières étapes du programme et disparaissant soudainement du groupe, à la troisième, peut ainsi démontrer un certain essoufflement face à un horaire d'activités trop rigide à ses yeux. Une intervention personnelle auprès de cet élève servira alors à discuter du problème, trouver des alternatives, tout en prenant soin de ne pas le museler dans un cadre qu'il ne souhaite pas.

Pour vous aider à mieux évaluer la portée de vos interventions auprès des élèves, je vous suggère l'usage de deux grilles, que vous devrez confectionner, vous permettant de porter rapidement un regard sur les données statistiques les plus significatives et importantes à connaître ou à faire conaître.

La première, à conserver dans vos dossiers, devrait vous fournir toutes les informations nécessaires afin de passer à une étape subséquente: le taux de participation général de l'école, de chaque degré, de chaque groupe, les variations de participation en regard de l'étape précédente, etc.

La seconde, à remettre à chaque titulaire de classe, devrait permettre aux élèves de chaque classe de prendre connaissance de leur progrès en tant que groupe sans connaître les résultats des autres classes. Il ne s'agit donc pas d'une compétition de groupe contre groupe mais bien d'objectifs qu'on se fixe pour soi-même. Certaines informations importantes, voire les plus significatives, devrait donc y figurer: le résultat global de l'école, le taux de participation du degré, la participation du groupe par rapport au degré concerné, etc.




Retour à la table des matières | Page précédente | Page suivante