Franchir un obstacle à l'aide d'un appareil propulseur (suite 2)


Mise en chantier du projet personnel

Intégration d'un obstacle

"Nous avons vu précédemment quatre composantes d'un saut en hauteur à l'aide d'un appareil propulseur. Nous avons aussi constaté qu'il nous est possible de modifier la vitesse de notre course d'élan en fonction de la forme de saut exécutée et du type de réception qui s'en suit. Nous allons maintenant intégrer nos découvertes à une nouvelle composante: l'obstacle physique."

Les élèves sont de nouveau placés en situation exploratoire. Ils peuvent cette fois opter pour deux appareils propulseurs distincts, le tremplin et le mini-trampoline, tout en franchissant un plinth constitué de trois étages (recouvert d'un tapis de gymnastique entouré d'une corde). Pour ce faire, ils doivent nécessairement s'initier progressivement à ce nouvel élément comme suit:

Phase
Détail
Bonds multiples
L'élève prend place sur l'appareil propulseur de son choix. Il place ses mains sur l'obstacle et doit les y conserver pendant qu'il exécute ces bonds. L'intention de l'enseignant est de permettre à l'élève de gagner de la hauteur dans ses bonds multiples tout en gardant le contrôle de son équilibre. Il devra ainsi chercher à prendre de la hauteur en élevant le bassin et non les épaules. Dans le cas contraire, il lui sera impossible de franchir éventuellement cet obstable sans le toucher de ses jambes ou de ses pieds.
Accroupi sur l'obstacle
Lorsqu'il contrôle ses multiples bonds sur l'appareil propulseur, l'élève peut tenter un léger saut avec réception de côté en position accroupi sur le plinth. Pour se sécuriser un peu, il se peut que certains élèves préfèrent d'abord arriver sur le plinth à genoux, ce qui est tout à fait acceptable. On cherche ici à transférer le poids du corps, initialement sur les pieds, vers les mains avant l'arrivée sur l'obstacle.
Traversée entière
On procède de la même manière sauf que la réception se fait maintenant au sol, de l'autre côté du plinth. L'élève doit nécessairement pivoter sur ses mains et exercer une certaine poussée lui permettant de se dégager complètement du plinth.
Légère course d'élan
L'élève peut maintenant intégrer le fruit de son expérimentation dans un saut complet précédé d'une légère course d'élan. Éviter les multiples bonds sur l'appareil propulseur, en particulier au mini-trampoline, pour des raisons de sécurité évidentes.

L'enseignant supervise l'exploration des élèves. Il les supporte, les corrige, les encourage. Il les place sur des pistes afin de leur faire découvrir leurs forces et faiblesses.



Retour sur les composantes d'un saut

"Nous venons d'expérimenter une autre forme de saut, cette fois avec un obstacle à franchir. Quelqu'un a-t-il remarqué quelque chose de particulier dans le franchissement de cet obstacle? Que doit-on nécessairement faire afin de le franchir sans risquer de se blesser?"

Une nouvelle affiche, avec l'ajout de l'obstacle à franchir, est alors présentée aux élèves.


"Dans le cadre de travail actuel, il est nécessaire de faire un appui passager sur l'obstacle avant de le franchir. On peut en effet toucher, même légèrement, l'obstacle en question du pied au passage, ce qui risque de se transformer en blessure lors de la chute au sol. Vous constatez d'ailleurs, avec la pratique, que ce n'est pas uniquement la qualité de votre implusion sur l'appareil propulseur qui vous procurera une élévation suffisante dans les airs mais bien une combinaison efficace de la course d'élan, de l'impulsion ET de l'appui passager sur l'obstacle."



Lancement du projet personnel et feuillet d'accompagnement

L'enseignant distribue un feuillet à chacun des élèves. Celui-ci comprend quatre pages de format 14 x 21,5 cm (5½ x 8½ po.), soit une simple feuille pliée en deux. Il présente le projet personnel que tous les élèves sont invités à mettre en chantier.

Page 1 Dans la page 1, l'élève inscrit son nom, son groupe et, très important, le nom de l'élève avec qui il travaillera. Pour que le projet ait tout son sens, il est fortement à conseiller que la dyade soit choisie et non imposée. Pour obtenir un certain succès, il est en effet primordial que le climat de travail soit serein.

Page 2 C'est dans la page 2 que l'élève détermine à quoi ressemblera son projet. Il identifie son but à atteindre, non pas à partir d'un modèle bien défini mais plutôt à partir de ses expérimentations précédentes, de ses forces et de ses faiblesses. Il choisit d'abord le type d'appareil propulseur qu'il privilégie et la hauteur de l'obstacle à franchir.

Il sélectionne ensuite les ingrédients de sa recette, c'est-à-dire les composantes les plus importantes de son saut, et les précise. Il doit ainsi choisir au moins quatre ingrédients parmi les cinq constituantes d'un saut avec obstacle et ajouter, s'il le désire, la fluidité du saut (liaison entre les ingrédients répondant à un rythme). Chacun de ces ingrédients doit être précisé par quelques mots. Par exemple, si l'élève choisit l'envol comme constituante de son saut, il doit préciser s'il compte l'exécuter avec les jambes tendues, à l'écart, fléchies, en position groupé, etc.

En quelques lignes, il présente ensuite un portrait général de ce qu'il arrive à faire et de ce à quoi il accordera une attention plus particulière. Il signe enfin son nom au bas de la page de manière à officialiser son défi personnel qu'il s'engage à entreprendre.



Confronter les opinions

Page 3 La troisième page du feuillet représente la partie la plus importante de la démarche d'apprentissage de l'élève. Il doit porter un jugement sur son propre saut, généralement au moins une fois par cours, puis demander à son partenaire de le faire à son tour. Cette page présentera donc, d'un simple coup d'oeil les résultats d'une auto-évaluation et d'une observation faite par un pair.

Chaque fois qu'un nouveau saut est auto-évalué et observé par le partenaire, une nouvelle couleur de crayon est utilisée de manière à pouvoir vérifier la progression ou la stagnation de l'élève dans sa démarche. Le fait de s'auto-évaluer oblige l'élève à se remettre constamment en question, à s'interroger sur le pourquoi de sa réussite ou de son échec. L'avis de son partenaire aura pour effet de confronter les opinions, d'envisager l'exécution du saut choisi sous un autre angle. On raconte en effet qu'il nous est parfois difficile d'être des juges impartiaux de nous-mêmes... ;)

Dans ce contexte, le principal maître d'oeuvre des apprentissages de l'élève devient... l'élève lui-même. Son partenaire le secondera, pourra même le conseiller. De son côté, l'enseignant poursuivra son travail d'observation, de soutien et de guide pour diriger ou relancer les questionnements.

Exemple de page 3 complétée Dans l'exemple qui suit, Thomas s'est auto-évalué à deux occasions. Il avait choisi les cinq premiers ingrédients d'un saut et avait donc laissé tomber le sixième (la fluidité). Sa partenaire Sophie a aussi porté un jugement sur ses deux sauts. Comme les résultats divergent quelque peu, ils ont dû verbaliser sur leurs observations.

Une telle façon de faire aide énormément l'élève à cheminer dans ses apprentissages. Elle aide entre autres l'enseignant à impliquer des élèves présentant des styles d'apprentissage différents...

Introduction Phase exploratoire Évaluation