Travailler dans le nord, c’est bien!

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Troisièmement, il y a l’environnement physique. Notre gymnase est très petit, alors je dois modifier les jeux et les règlements pour éviter des accidents ou collisions. Nous avons aussi une patinoire extérieure mais s’il neige, on doit oublier la patinoire pour quelques jours. Ici, il n’y a pas de travaux publics. Les gens du village doivent faire les travaux publics après leur propre journée de travail. Alors on doit être patient... et, ici, il vente et neige abondamment!!!

Quatrièmement, l’isolement des professeurs a pour conséquence que je suis la seule enseignante au primaire. Je n’ai donc pas de contact avec d’autres enseignants du primaire. Je dois soit contacter quelqu’un d’un autre village ou faire des recherches sur Internet, ce qui ajoute à la difficulté de trouver de l’information pertinente, des règlements ou, simplement, pour se ressourcer et échanger avec des collègues.

Cinquièmement, l’échange entre élèves est limité. Il est en effet difficile d’organiser une sorte de petit tournoi ou autre pour rencontrer d’autres classes du primaire car il n’y a qu’une classe de 1er cycle et une autre de 2ième cycle au primaire. Et les autres villages sont trop loin pour y avoir accès facilement, surtout à l’automne ou au printemps puisqu'il n’y a pas de route. Alors oublions les rencontres entre écoles. Jour après jour, les jeunes ne se côtoient qu’entre eux. Cela est bien, mais un peu monotone pour les élèves à la longue.

Il y a sûrement d’autres aspects que j’oublie pour l’instant, mais... malgré ces désavantages, vous me demanderez peut-être pourquoi je continue à enseigner ici.

La raison en est toute simple, parce que j’adore l’endroit et les gens. Je trouve que cela compense amplement pour les points négatifs. Ici, les enfants ont une certaine naïveté qui est délicieuse à observer et que je ne retrouve pas chez les enfants de la grande ville. Je viens originalement de la banlieue de Québec et la ville ne me manque aucunement. En fait, je m’ennuie rarement. J’ai trop à faire! J’apporte aux élèves une parcelle de la vie et des idées urbaines. Et ça, je sais que les élèves l’apprécient; ils me posent souvent des questions à propos de la vie dans une grande ville.

J’aime mon travail et mon village...


Diane Bernier
École Nétagamiou
Chevery, Basse-Côte Nord (Québec)


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