Les jeunes de nouveau mis de côté par les libéraux et les péquistes

La prévention chez les politiciens, du solide comme le toit du Stade!

Le match d’ouverture de l’Impact, qui devait avoir lieu au Stade olympique, a dû être reporté en raison des chutes de neige qu’a connues la région de Montréal samedi. La politique du « pelletage en avant » des gouvernements qui se sont succédé au cours des dernières décennies a fait son œuvre.


L’analogie entre le toit du Stade et la façon d’aborder la santé par les libéraux et les péquistes est frappante dans la présente campagne. Comme toujours, on aborde le thème de la santé sans jamais parler de prévention. Avouons tout de même que réduire les listes d’attente pour les chirurgies, désengorger les salles d’urgence et offrir un médecin de famille à chaque citoyen sont des thèmes à la mode qui peuvent rapporter quelques votes supplémentaires. Dans les faits, parler uniquement de soins curatifs, en dépit de leur pertinence, ne fait qu'apposer un pansement temporaire sur une plaie qui va continuer de s'infecter.

On se lance donc des gros mots et on brasse des chiffres. Pendant ce temps, nos jeunes d'aujourd'hui, souvent sédentaires et peu incités à ne pas l'être, qui adorent la restauration rapide et carburent aux boissons énergisantes, risquent pourtant de devenir nos prochains bénéficiaires de soins hospitaliers. Or, doit-on le rappeler, il nous en coûte déjà chaque année au Canada quelque 2,1 milliards de dollars en soins de santé liés directement à l'inactivité physique de la population. Et le pire reste à venir; la population du Québec vieillit.

On souhaite regrouper les Québécoises et les Québécois autour d'un projet commun de pays souverain, pour certains, de nation ou de société distincte à l'intérieur d'une constitution renouvelée, pour d'autres. Mais quelles que soient nos allégeances politiques, et le projet qui saura nous rallier, les deux « vieux partis » et leurs candidats ne doivent pas perdre de vue que c'est d'abord pour les jeunes, et pour les générations à venir, qu'ils s’affairent à concocter des plans.

On se souvient qu'au terme d'un long processus de consultation mené dans toutes les régions, le gouvernement du Québec s'était engagé à produire, l'automne dernier, une politique nationale du sport, du loisir et de l'activité physique qui devait permettre de faire du Québec « la nation la plus en forme au monde ». Qu'à cela ne tienne, cette politique n'a jamais vu le jour et a été recyclée en engagement électoral au Parti québécois sans qu'on ne puisse en connaître davantage sur son contenu. Tout ce qu’on en retient, c’est que la ministre de l’Éducation sortante a clairement indiqué qu’il n’était pas dans ses cartons de s’impliquer dans le dossier du temps alloué à l’éducation physique dans les établissements scolaires du Québec. « On verra cela plus tard », pourrait-on ajouter.

Privilégier l'éducation physique s'avère pourtant le choix le plus démocratique qui soit puisqu'elle permettrait à tous les jeunes du Québec, quels que soient leur milieu socio-économique et leurs aptitudes, de bénéficier des mêmes apprentissages de base qui influenceront positivement leur adhésion aux différentes formes de loisir actif parce qu'ils s'y sentiront plus « compétents ». Nombreux, d’ailleurs, sont les enfants, nos tout-petits entre autres, qui nous arrivent en tout début de parcours scolaire sans la moindre expérience motrice significative à leur actif. Plusieurs n'ont jamais monté à une échelle, fait de la bicyclette et ne possèdent même pas un ballon à la maison.

La logique est pourtant claire : on ne peut adopter une habitude de vie qu’à partir du moment où l’environnement où l’on se trouve nous incite à le faire, ce qui inclut l’école où le jeune passe la majeure partie de son temps. Parler de santé au Québec sans investir dans la prévention est voué à l’échec, même avec trois médecins qui font équipe. Proposer au peuple québécois une politique nationale du sport et de l'activité physique, sans y inclure comme prémisse l'ajout d'heures obligatoires d'éducation physique pour tous, l’est tout autant.

L’heure n’est plus à vouloir donner une couleur particulière à certaines écoles mais bien de rallier le pays de Mme Marois, ou la province canadienne de M. Couillard, à un projet de société qui doit inclure toutes les générations de Québécoises et de Québécois. Après tout, que l’on réside à Montréal, Gatineau ou Gaspé, les besoins de découvrir et développer de nouvelles habiletés physiques, sociales et affectives sont les mêmes pour tous les jeunes.

Et la nation la plus en forme au monde? Il y en aura une, certes, mais ce ne sera pas la nôtre. Parce que parler de prévention n’est pas à la mode en politique québécoise, demande un effort de planification, une vision à long terme, et s’insère dans un réel projet de société auquel les deux partis qui ont encore une chance de prendre le pouvoir n’adhèrent tout simplement pas.

À vous tous, jeunes du Québec, sachez que vous n’avez pas la cote auprès de nos politiciens. Et oui, vous avez le droit d’en avoir ras le bol des politiques électoralistes. C’est d’ailleurs le seul droit qu’on ne peut vous retirer, tout comme celui de vos parents de protester.

Texte publié le 23 mars 2014



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