Détrompez-vous... Oui, l'habit fait le moine!

La situation est banale: l'enseignant est en retard, il fait vite afin d'être à temps à son poste auprès de ses jeunes élèves. Il fait tellement vite d'ailleurs qu'il ne trouve pas le temps de se raser! Un fait fréquent, direz-vous? Peut-être que oui après tout, s'il s'agit d'une journée de congé! Mais lorsque l'on parle d'un éducateur physique dans l'exercice de ses fonctions, le problème prend une toute autre connotation.


N'allez pas croire qu'il faille tomber dans le puritanisme ou se lancer dans des envolées idéalistes, mais force est d'admettre qu'il existe bien un juste milieu à respecter. Une silhouette lourdaude, une odeur de fumée de cigarette omniprésente, une tenue vestimentaire négligée... et une barbe mal rasée auront inévitablement un impact sur l'opinion qu'on se fera de l'intervenant concerné.

Avec la réforme de l'éducation amorcée par l'actuelle ministre de l'éducation du Québec, Mme Pauline Marois, les responsabilités administratives des commissions scolaires seront de plus en plus décentralisées, laissant ainsi plus de latitude aux écoles et, particulièrement, aux conseils d'établissement. Ceux-ci hériteront de droits de gérance plus accentués quant aux stratégies pédagogiques et administratives et aux projets pédagogiques en vigueur dans leurs milieux, et pourront décider des orientations de leurs écoles.

En d'autres termes, ces conseils pourront dorénavant donner une vocation particulière à l'école de leur quartier, ce qui peut constituer une lame à double tranchant.

Prêcher pour sa cause

Il devient ainsi impératif, plus que jamais, que l'éducateur physique se vende, qu'il prêche pour sa cause. Dans cette optique, un individu ne dégageant pas une personnalité saine, dynamique, fidèle aux valeurs dont il est supposé être le principal véhicule, pourra difficilement se justifier comme acteur principal du paysage éducatif aux yeux des parents entre autres.

Il risque alors de se buter à une plus vive opposition lorsque viendra le temps de demander des sous, à tout le moins de maintenir intact le pourcentage actuel accordé à l'enseignement de l'éducation physique dans la grille horaire.

Les élèves aussi portent un jugement

Dans la vie de tous les jours, à l'école, le manque de panache de l'enseignant nuira beaucoup à sa popularité et à celle de sa spécialité. Comment croire en effet à la nécessité d'une activité physique régulière lorsque son principal apôtre est obèse? Comment prendre au sérieux les risques pourtant évidents du tabagisme lorsque celui qui nous met continuellement sur nos gardes empeste la fumée? Comment enfin prendre goût à sauter, grimper, courir, lancer, lorsque le prof qui dispense cet "enseignement" reste assis sur le banc?

Notre statut d'enseignants à part entière est encore très fragile, trop diront plusieurs. Si l'éducation physique jouit sans contredit d'une popularité inébranlable aux yeux des élèves, à première vue, il ne faut surtout pas tomber dans le piège de la complaisance.

Au lieu de se laisser transporter par le courant de popularité, au primaire en particulier (prouvé statistiquement), l'éducateur physique se doit d'assumer le rôle de capitaine de bateau et de sciemment se placer au centre de toute cette dynamique scolaire en devenant un instigateur de projets... et en dégageant une image saine, en harmonie avec sa mission.



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