Mme Malavoy doit bouger

Texte paru dans La Presse du samedi 14 décembre 2013

La ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Mme Marie Malavoy, ne souhaite manifestement pas s'investir dans les dossiers de l'éducation physique et de la santé des jeunes. Malgré les pressions exercées par différents regroupements voués à la promotion de la santé auprès des enfants et des adolescents du Québec, elle reste impassible, alors que la conjoncture la somme d'agir.


Il est inexcusable, en effet, que la ministre ne se soit même pas donné la peine de nous transmettre, ne serait-ce que verbalement, sa décision de ne pas donner suite à notre pétition, alors que plus de 10 000 citoyennes et citoyens se sont pourtant prononcés en faveur d'un minimum obligatoire d'éducation physique dans tous les établissements scolaires de la province.

Il est tout aussi inexcusable que la ministre ne daigne toujours pas nous recevoir à son cabinet afin de discuter de cette problématique, alors que notre première demande en ce sens remonte au 11 novembre... 2012!

Il est impensable que la ministre ne soit pas mieux informée quant à l'application du Régime pédagogique dans les établissements scolaires. Pour une école, il est présentement impossible d'offrir plus de temps à l'horaire des jeunes du préscolaire, à moins d'amputer son propre budget de fonctionnement. Au secteur primaire, près du tiers des écoles ne se conforment toujours pas à la « suggestion » du MELS d'allouer deux heures d'ÉPS (éducation physique et à la santé) à l'horaire des écoliers. Au secondaire, à moins d'accepter de pénaliser fortement une autre matière, tout espoir de pouvoir agir en ce sens s'avère futile pour un conseil d'établissement.

Il est intolérable que la ministre nous parle d'une approche démocratique en se référant uniquement au droit exercé par les conseils d'établissement dans la répartition des heures d'enseignement de chacune des matières. Depuis toujours, nous avons cru comprendre que toutes les actions pédagogiques et administratives en milieux scolaires devaient être orientées vers le seul intérêt des jeunes. Après tout, ce ne seront pas les adultes d'aujourd'hui qui formeront le Québec de demain.

Il est inexplicable de constater l'indifférence de la ministre envers l'éducation physique et la santé des jeunes, alors que la première ministre elle-même lui confiait, il y a un an, le mandat de faire du Québec « la nation la plus en forme au monde d'ici les dix prochaines années ». Il est tout aussi inexplicable que Mme Marois ne la rappelle pas à l'ordre, immédiatement, afin de ne pas rater ce rendez-vous potentiellement historique.

Il est incroyable que la ministre puisse vouloir clore le débat entourant l'éducation physique des jeunes, alors que la politique nationale du sport, du loisir et de l'activité physique, qu'elle a elle-même commandée, n'a toujours pas été publiée.

Partout, des gens se sont levés pour réclamer plus d'éducation physique obligatoire dans les écoles. Cette volonté partagée sera-t-elle carrément biffée des recommandations à venir? Nous le craignons fort. Mais il est à prévoir qu'on parlera exclusivement d'activités physiques, ce qui ne diffère en rien de la stratégie des gouvernements précédents, avec des résultats mitigés.

Il est donc plus que souhaitable que tous les députés du Québec fassent pression auprès de la ministre Malavoy afin de répondre aux besoins réels des jeunes en matière de formation en ÉPS et à la volonté partagée par une très grande proportion de la population du Québec.

Le statu quo n'est plus une solution viable, pas plus que les éternelles propositions d'améliorer la qualité des infrastructures et l'offre de services en activités parascolaires si la formation de base en éducation physique, elle, demeure insuffisante.

Texte publié le 13 décembre 2013



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