Faire copier pour punir...
Inutile!

Nous sommes un certain jeudi, une journée comme toutes les autres pensez-vous. Pendant votre deuxième période de la matinée, cette chère Julie, élève de sixième année, a oublié son costume d'éducation physique pour une troisième fois d'affilée! Vous en avez marre de la garder au banc, ce qu'elle ne semble d'ailleurs pas détester, et vous lui flanquez une copie! "C'est bon pour toi, paresseuse! Tu n'avais qu'à démontrer plus de bonne volonté...", dites-vous d'un ton autoritaire.


Même si cette mesure punitive, si draconnienne soit-elle, soulage votre rage intérieure, même si vous avez acquis la certitude que Julie regrettera amèrement son manque d'effort, il y a fort à parier qu'il n'en sera rien. Tout au plus l'aurez-vous occupée, pendant un certain laps de temps, dans une tâche peut-être ardue, désagréable, mais aussi sans signification.

Le problème dans tout ça, c'est qu'une simple copie, mesure fort répandue dans nos écoles, n'engage en rien son "auteur" pour les périodes à venir. Il écrit, copie puis recopie de nouveau une simple phrase, tout au plus un paragraphe, machinalement, sans réfléchir, et souvent sans le moindre regret! Il n'est donc pas rare, quelques temps après, de constater que ce même élève oublie de nouveau son costume, comme pour dire à son prof que "tu ne m'auras pas aussi facilement tout de même!"

Personnellement, je n'ai jamais eu recours à une telle mesure parce que je n'y vois rien d'éducatif. J'opte plutôt pour une fiche d'engagements personnels qui lie par contrat l'élève récalcitrant, l'éducateur physique, les parents, le titulaire de classe et la direction. En impliquant toutes ces personnes à la fois, je m'assure d'abord d'aviser les personnes intéressées qu'un problème se pose, les parents en particulier, tout en signalant à l'élève que j'ai des attentes à son égard, les mêmes en fait que celles de tous les élèves de l'école.

L'avantage d'une telle fiche est de fixer des balises, des limites au manège perpétuel qui se dessine. L'élève s'engage personnellement à améliorer ses points faibles. Dans le cas contraire, il devra alors en subir les conséquences désagréables qu'il aura lui-même notées sur sa fiche. On ne parle donc plus ici de "copies" ou de "punitions" mais bien de "conséquences" préalablement connues de l'élève et choisies par ce dernier.

La dynamique entre l'élève et l'enseignant change ainsi radicalement. Dans le cas d'une récidive, il n'y a plus de punitions imposées à l'élève. On ne fait au contraire que lui faire subir les conséquences qu'il a choisies, rien de plus, rien de moins et ce, toujours en avisant les parents.

Les durs à cuire et les élèves de mauvaise foi n'y verront aucun changement puisqu'ils continueront sans doute dans la même voie. Pour les autres cependant, ceux que l'on serait tenté de qualifier de "récupérables", vous constaterez à coup sûr une grande différence!

Si vous avez le goût de tenter l'expérience (avec des élèves du deuxième cycle du primaire), vous trouverez un exemple de fiche dans la section de "Pédago", sous la rubrique Pour faire réfléchir...



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