La santé des jeunes d'aucun attrait
pour les politiciens

Les trois principaux partis ne parlent pas d'éducation physique dans leur programme

Il faudra attendre encore au moins quatre années de plus, semble-t-il, avant d’assister à l’éclosion d’une véritable « culture de la santé » au Québec. Engagés dans une campagne électorale sans enjeu en matière de santé chez les jeunes, les trois partis qui aspirent à former le prochain gouvernement proposent en effet bien peu de choses pour contrer les effets de la sédentarité chez nos futurs adultes.


Jusqu'ici, la CAQ parle d'activités sportives après les classes au secondaire, le PQ d'un crédit d'impôt pour les familles qui inscrivent un jeune âgé de 6 à 16 ans à un sport organisé, et le PLQ garde le silence. Il s’agit de positions délavées, inacceptables encore une fois, en réponse à un problème pourtant évident et documenté. Il est désolant de constater tout le détachement de nos politiciens à l'égard de la santé des jeunes à travers des mesures superficielles qui devraient accompagner l'ajout prioritaire d'heures d'éducation physique pour tous les écoliers du Québec, et non le remplacer. Depuis des lunes, les Québécois s’accordent pourtant sur l’importance de leur transmettre de saines habitudes de vie, ne serait-ce simplement que pour leur permettre de se sentir bien dans leur peau.

En santé, la « culture de la maladie » est tellement bien ancrée dans les mœurs politiques qu’on ne cherche qu’à trouver le pansement à appliquer sur la plaie plutôt que d’investir dans la prévention. En éducation, on est à ce point obnubilé par les carrés rouges qu’on en oublie que former de futurs adultes acteurs de la société commence dès le préscolaire.

On dit que transmettre de saines habitudes de vie est une responsabilité partagée par tous les intervenants impliqués dans la vie des jeunes, que l’on parle des familles immédiates, des associations sportives, du monde municipal, des différents paliers de gouvernement ou de l’école. Malheureusement, la tendance, au sein de la gent politique, en matière de santé chez les jeunes, est de considérer l’apport de l’école dans leur formation comme un simple terrain de jeu alors qu’elle devrait y assumer le rôle de leader.

Qu’ils soient riches ou pauvres, grands ou petits, habiles ou moins habiles, tous les jeunes du Québec fréquentent un établissement d’enseignement. Privilégier l’ajout de périodes d’éducation physique à leur horaire deviendrait ainsi l’approche la plus efficace et démocratique qui soit puisqu’elle placerait tout le monde sur un pied d’égalité sur le plan des apprentissages moteurs. Suivant cette prémisse, le réseau d’activités parascolaires prendrait alors tout son sens parce qu’il deviendrait, du coup, un prolongement naturel et davantage attrayant de ce qui aurait été appris en classe.

De plus en plus de jeunes sont aux prises avec des maladies autrefois associées à l’âge adulte, être actif améliore les facultés cognitives, ajouter du temps en éducation physique ne nuit pas du tout au rendement scolaire et permet de contrebalancer l’environnement obésogène dans lequel vivent de plus en plus de jeunes, etc. Les études se multiplient.

Que dire de plus, nous tournons sans cesse autour du pot. En observant nos politiciens débattre sur des enjeux qui tournent parfois au ridicule, on pousse un long soupir et on continue de ne pas comprendre. « Les Québécois auront à choisir le type de société dans laquelle ils voudront vivre », disait l’un d’entre eux en début de campagne. Peut-être faudrait-il d’abord élaborer des propositions sérieuses. Rendez-vous dans quatre ans, alors?

Texte publié le 16 août 2012



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