![]() Le ministère de l'Éducation du Québec a rendu public le 9 février 2005 le nouveau régime pédagogique qui confirme ce que tous attendaient depuis fort longtemps: il y aura bel et bien deux heures d'éducation physique et à la santé dans les écoles primaires québécoises à partir de septembre 2006. Malheureusement, comme il fallait aussi s'y attendre, les gérants d'estrades, qui ont pour la plupart une connaissance erronée de ce qu'est véritablement un "cours d'éducation physique et à la santé" — par opposition à une "séance d'activité physique" — commencent à se manifester ici et là, parfois dans l'espoir à peine voilé qu'on optera alors pour une autre matière. Leur argument principal? Il n'y aurait pas suffisamment de gymnases disponibles, selon eux, pour permettre la tenue de deux périodes d'une heure par semaine dans tous les établissements scolaires. ![]() Remettons donc les choses dans une juste perspective... Le gouvernement du Québec s’est effectivement engagé à augmenter le minimum de temps garanti aux jeunes du primaire en éducation physique et à la santé depuis le Forum des générations qui s'est tenu en octobre 2004. Cependant, la mission éducative des éducateurs physiques ne se limite pas simplement à doubler le contenu déjà offert aux écoliers. Au contraire, tous devront s’assurer de le bonifier par l’ajout d’un contenu éducatif répondant réellement aux désirs et aux besoins de toute la population en matière de santé et de saines habitudes de vie. L’enseignement de ce « volet santé », bien en évidence théoriquement depuis la mise en place de la réforme de l’éducation, mais dans les faits assez peu exploité jusqu’ici faute de temps, n’implique pas l’utilisation automatique d’un gymnase ou d’équipements sportifs. Dans le cas d'un conflit d'horaires, avec un peu de volonté, on peut en effet tout aussi bien éduquer des jeunes à la santé dans une cour d’école, en hiver comme en été, dans une quelconque salle de classe, dans un sous-sol d’église, dans un parc municipal avoisinant ou même dans un laboratoire informatique! Il est également possible, selon la dimension du gymnase et le contenu pédagogique abordé, d’envisager la présence simultanée de deux groupes d’élèves, et de deux enseignants, en un même lieu. Par cette annonce, rappelons que l’intention du gouvernement n’est pas uniquement de faire bouger les jeunes mais aussi, prioritairement, de mieux les former, de leur transmettre une culture orientée vers les saines habitudes de vie. Ce travail de sensibilisation exercé à la fois auprès des enfants et des familles incitera jeunes et moins jeunes à maintenir ou adopter de saines habitudes de vie, dont la pratique régulière d’activités physiques. Ce temps supplémentaire consacré à l’éducation physique permettra alors aux activités parascolaires de devenir une alternative intéressante — et plus signifiante — pour tout élève désireux d’appliquer ses apprentissages dans des activités physiques ou sportives répondant à ses nouveaux intérêts. Néanmoins, pour que le tout soit couronné de succès, il sera nécessaire que chaque intervenant impliqué dans la formation des jeunes accepte de remettre en question certaines pratiques ou habitudes qui n’avaient souvent, autrefois, aucune conséquence particulière. Pour les éducateurs physiques du primaire
Pour les directions d’école
Pour les commissions scolaires
Pour le ministère de l’Éducation
Pour les parents
L'éducateur physique doit se faire entendre Qu'on se le dise une fois pour toute, la mesure annoncée par le gouvernement du Québec est tout à fait applicable... avec un peu de volonté. Le problème actuel réside davantage dans le fait qu'on cherche constamment à mettre en relief tous les problèmes qui pourraient nuire à l'application de celle-ci plutôt que de proposer des mécanismes permettant de réduire au maximum les inconvénients qui pourraient surgir. En d'autres mots, il revient à l'éducateur physique — professionnel dûment formé et apte à poser un jugement éclairé de la situation dans son milieu — de faire la démonstration qu'il lui est tout à fait possible de garantir deux heures d'éducation physique et à la santé à tous ses groupes d'élèves. C'est pourquoi il s'avère nécessaire, voire urgent, que tous les spécialistes concernés, dans chaque commission scolaire, procèdent à une évaluation systématique de toutes les infrastructures disponibles dans leur quartier et voient même à confectionner un horaire fictif en prévision de la situation qui prévaudra en septembre 2006. On fera alors la preuve que "les deux heures d'éducation physique pour tous" franchiront le cap des voeux pieux avec succès. Un document pour vous appuyer Pour vous aider dans cette tâche, nous vous proposons d'utiliser le document qui suit (en format PDF) que vous pouvez reproduire sans problème ou utiliser comme point de départ pour la création de vos propres grilles institutionnelles. Celui-ci est divisé en cinq parties distinctes: le gymnase principal, le gymnase secondaire (s'il y a lieu), la cour d'école, les lieux publics (parc municipal, aréna, salle municipale), et l'aménagement d'un horaire fictif.
Les deux premières grilles se rapportant aux gymnases vous permettent de tracer le plan de la ou des salles dont vous disposez déjà. Vous pouvez y inscrire les dimensions, faire état des installations potentiellement dangereuses et de l'état du matériel et de l'équipement en place. Dans la troisième page, vous pourrez procéder un peu de la même manière en ce qui concerne votre cour d'école.La quatrième page vous permet, quant à elle, de dresser un bilan des infrastructures municipales qui vous sont accessibles et de préciser par exemple le temps requis pour vous y rendre à la marche. Enfin, la cinquième page du document vous propose simplement de concevoir un horaire fictif de ce que pourrait être l'horaire de vos groupes d'élèves à partir de septembre 2006. Dans ce cas, l'exercice consiste évidemment à démontrer que l'ajout d'une deuxième heure en éducation physique et à la santé ne sera pas aussi catastrophique que certains le laissent supposer. Il s'agit donc pour vous, dans le cas d'un conflit d'horaires, de proposer des alternatives logiques qui seraient facilement applicables dans votre école: deux groupes simultanément au gymnase, utilisation en rotation de la cour d'école, du parc avoisinant, de l'aréna, du laboratoire informatique, etc. À vrai dire, il n'y a personne de plus qualifié que l'éducateur physique lui-même pour départager ce qui est possible, logique ou souhaitable, de ce qui ne l'est pas. L'occasion se prête donc bien à une initiative en ce sens auprès des administrateurs scolaires. Nous pourrons du même coup en profiter pour faire ressortir des problèmes que nous vivons quotidiennement dans des dossiers aussi importants que la sécurité, l'état du matériel et de l'équipement disponibles, etc.
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