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"Nous avons vu précédemment quatre composantes d'un saut en hauteur à l'aide d'un appareil propulseur. Nous avons aussi constaté qu'il nous est possible de modifier la vitesse de notre course d'élan en fonction de la forme de saut exécutée et du type de réception qui s'en suit. Nous allons maintenant intégrer nos découvertes à une nouvelle composante: l'obstacle physique." Les élèves sont de nouveau placés en situation exploratoire. Ils peuvent cette fois opter pour deux appareils propulseurs distincts, le tremplin et le mini-trampoline, tout en franchissant un plinth constitué de trois étages (recouvert d'un tapis de gymnastique entouré d'une corde). Pour ce faire, ils doivent nécessairement s'initier progressivement à ce nouvel élément comme suit:
L'enseignant supervise l'exploration des élèves. Il les supporte, les corrige, les encourage. Il les place sur des pistes afin de leur faire découvrir leurs forces et faiblesses. "Nous venons d'expérimenter une autre forme de saut, cette fois avec un obstacle à franchir. Quelqu'un a-t-il remarqué quelque chose de particulier dans le franchissement de cet obstacle? Que doit-on nécessairement faire afin de le franchir sans risquer de se blesser?" Une nouvelle affiche, avec l'ajout de l'obstacle à franchir, est alors présentée aux élèves. ![]() "Dans le cadre de travail actuel, il est nécessaire de faire un appui passager sur l'obstacle avant de le franchir. On peut en effet toucher, même légèrement, l'obstacle en question du pied au passage, ce qui risque de se transformer en blessure lors de la chute au sol. Vous constatez d'ailleurs, avec la pratique, que ce n'est pas uniquement la qualité de votre implusion sur l'appareil propulseur qui vous procurera une élévation suffisante dans les airs mais bien une combinaison efficace de la course d'élan, de l'impulsion ET de l'appui passager sur l'obstacle." L'enseignant distribue un feuillet à chacun des élèves. Celui-ci comprend quatre pages de format 14 x 21,5 cm (5½ x 8½ po.), soit une simple feuille pliée en deux. Il présente le projet personnel que tous les élèves sont invités à mettre en chantier.Il sélectionne ensuite les ingrédients de sa recette, c'est-à-dire les composantes les plus importantes de son saut, et les précise. Il doit ainsi choisir au moins quatre ingrédients parmi les cinq constituantes d'un saut avec obstacle et ajouter, s'il le désire, la fluidité du saut (liaison entre les ingrédients répondant à un rythme). Chacun de ces ingrédients doit être précisé par quelques mots. Par exemple, si l'élève choisit l'envol comme constituante de son saut, il doit préciser s'il compte l'exécuter avec les jambes tendues, à l'écart, fléchies, en position groupé, etc. En quelques lignes, il présente ensuite un portrait général de ce qu'il arrive à faire et de ce à quoi il accordera une attention plus particulière. Il signe enfin son nom au bas de la page de manière à officialiser son défi personnel qu'il s'engage à entreprendre. Chaque fois qu'un nouveau saut est auto-évalué et observé par le partenaire, une nouvelle couleur de crayon est utilisée de manière à pouvoir vérifier la progression ou la stagnation de l'élève dans sa démarche. Le fait de s'auto-évaluer oblige l'élève à se remettre constamment en question, à s'interroger sur le pourquoi de sa réussite ou de son échec. L'avis de son partenaire aura pour effet de confronter les opinions, d'envisager l'exécution du saut choisi sous un autre angle. On raconte en effet qu'il nous est parfois difficile d'être des juges impartiaux de nous-mêmes... ;) Dans ce contexte, le principal maître d'oeuvre des apprentissages de l'élève devient... l'élève lui-même. Son partenaire le secondera, pourra même le conseiller. De son côté, l'enseignant poursuivra son travail d'observation, de soutien et de guide pour diriger ou relancer les questionnements. Une telle façon de faire aide énormément l'élève à cheminer dans ses apprentissages. Elle aide entre autres l'enseignant à impliquer des élèves présentant des styles d'apprentissage différents... ![]() ![]() |