Les origines du soccer
Des siècles d'histoire en quelques lignes

Qu'on l'appelle soccer ou football, il est toujours aussi populaire, peu importe le pays où l'on se trouve. Et qui n'a jamais tâté de ses pieds une simple boîte de conserve laissée au hasard de la route? Un réflexe... Oui, il s'agit bien d'un réflexe normal que de ressentir tôt ou tard le besoin de "manier" un objet quelconque sans l'aide de ses mains, simplement avec ses pieds. Mais nous sommes-nous déjà interrogés sur les origines de ce sport qui soulève tant de passion partout dans le monde...


Le soccer a des origines très lointaines. En Chine, quelques siècles avant J.-C., on se disputait une balle faite de cuir et rembourrée de crin qui devait traverser un but formé de bâtons, lesquels étaient reliés par un cordonnet de soie.

Plus tard, sous le règne de l'empereur Chengti, le tsu chu (botter un ballon) prit naissance. Il s'agissait d'une coutume en l'honneur de l'anniversaire de l'empereur où les soldats chinois, vainqueurs de la partie, devenaient rapidement des héros nationaux. Les vaincus, eux, étaient punis par des coups de lanières!

Entre les années 200 et 100 avant J.-C. se pratiquaient l'episkyros en Grèce et l'haspartum à Rome. Dans l' episkyros, le but du jeu était de ramener le ballon dans son propre camp, alors que l'objectif inverse était visé dans une partie d'haspartum. Ce dernier a d'ailleurs été lui-même à l'origine de deux autres jeux qui se sont prolongés jusqu'au moyen-âge, en Italie et en France.

Grandes surfaces... et brutalité

En Italie, le gioco del calcio (jeu réservé à la haute bourgeoisie) opposait deux équipes de 27 joueurs qui tentaient de marquer un caccia (but) en projetant le ballon d'un coup de poing ou de pied dans le but adverse. Ce jeu fait maintenant l'objet d'une reconstitution historique chaque année à Florence.

En France, à la même époque, est pratiquée la soule où l'espace compris entre les extrémités d'une rue par exemple, ou celui entre deux églises de villages voisins, était utilisé comme "terrain" de jeu! Les parties pouvaient ainsi s'étendre sur des journées entières si on en juge par la superficie des terrains utilisés.

Le jeu était brutal, pour ne pas dire sauvage. Vengeance et rancune primaient sur tout. Le motif pour justifier ces élans de brutalité: divertissement populaire! Il y eut bon nombre de morts, os fracturés, yeux crevés, etc., ce qui a vallu au jeu d'être interdit, même jusqu'à en préférer l'usage de javelines, d'arcs et de flèches pendant les jours de fêtes, plutôt que de s'adonner à la soule. Le jeu refit surface en 1710 dans les collèges britanniques, avec des règles évidemment plus strictes, prenant la forme d'un mélange de rugby et de soccer.

Par la suite, au XIXe siècle, le harting at goal est devenu une pratique traditionnelle pour les écoliers anglais, mais cette fois en tenant compte des variables temps, espace et nombre de participants. Les règles du jeu pouvaient d'ailleurs varier selon les régions concernées.

Véritable ancêtre

C'est au Collège Rugby, en 1823, qu'est né le véritable ancêtre du soccer. Lors d'un jeu où l'usage des pieds et des mains était permis, un étudiant pris volontairement la ballon dans ses mains et traversa le terrain d'un bout à l'autre, sous le regard un peu étonné des autres participants qui n'avaient jamais songé à le faire auparavant.

Le rugby voyait ainsi le jour. Logiquement, il était alors aisé de concevoir un autre sport où seul l'usage des pieds serait permis. Le soccer prenait donc racine!

Son évolution fut graduelle. Au départ, les contacts physiques étaient tous permis. Quiconque tentait de nuire à la progression du ballon dans son propre camp courait la chance de se voir littéralement écarté du chemin par ses opposants, spécialement le gardien de but.

Ce n'est qu'en 1891 qu'on adopta le principe des buts formés de deux barres verticales et d'une horizontale auxquelles on attachait un filet. Auparavant, deux barres verticales reliées par un ruban étaient utilisées, ce qui causait d'innombrables discussions et protestations.

Le premier match disputé sous un éclairage artificiel s'est tenu en 1874 à Bramhall Lane. Toutefois, ce n'est qu'en 1955 que ce système est devenu "monnaie courante".

C'est d'abord en Angleterre que le soccer connût sa plus rapide ascension sur le plan de la pratique et de la simple popularité. Puis, petit à petit, la France a apprivoisé à son tour ce sport qui, depuis, y est devenu presque une religion, du moins pour plusieurs.

En 1974, en Coupe du Monde, à l'occasion de la présentation télévisée du match Italie-Argentine, le candidat élu à la présidence de la république, M. Valéry Giscard d'Estaing, avait attendu la mi-temps avant de s'adresser au Français sur le petit écran. On peut donc constater à quel point la présentation de cette compétition était importante aux yeux de tous, d'autant plus qu'on s'assurait du même coup d'une cote d'écoute particulièrement élevée à ce moment bien précis. Et ce n'est qu'un exemple de la popularité dont jouit le soccer à travers le monde.

Chez nous, en Amérique du Nord, beaucoup reste à faire pour en faire réellement un sport de premier plan. S'il est fort populaire chez les jeunes, il n'exerce encore qu'un attrait mitigé auprès des amateurs de sports adultes, en partie en raison de son absence quasi totale des stations de télé. Peut-être qu'une Coupe du Monde 1986 en sol canadien aurait permis de dresser un tout autre portrait...



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